2 - Quel est le but fondamental de notre incarnation sur terre ?
Dernière mise à jour : 16 août
Article 2/5 — Série « Retrouver sa voie, retrouver sa vérité »
Si nous sommes, comme nous l'avons vu dans le premier article, une expression de l'Énergie de Vie Créatrice, de la Source elle-même, une question se pose presque inévitablement : pourquoi cette Source, déjà parfaite et complète, aurait-elle « décidé » de s'incarner dans une vie humaine, avec son lot de limites, de douleurs et d'oublis ?
Il n'existe pas de réponse unique, définitive, que l'on pourrait vérifier comme un fait. Mais plusieurs traditions offrent des clés de lecture précieuses, non pas pour clore la question, mais pour l'habiter autrement.

Le jeu de la Conscience (Lila)
La tradition védantique parle de Lila : le jeu divin. La Source ne crée pas parce qu'il lui manque quelque chose, elle est déjà entière. Elle crée par surabondance, comme on chante sans autre but que le chant lui-même. S'incarner dans une forme humaine, avec ses contraintes, serait alors une manière pour la Conscience infinie de se faire l'expérience du fini, un peu comme un acteur qui, pour la beauté du jeu, oublierait un instant qu'il joue.
Le contraste qui rend la lumière goûtable
Une conscience qui n'a jamais connu que la clarté ne sait pas qu'elle est clarté, elle n'a rien pour s'y comparer.
Abraham-Hicks développe cette idée du contraste : c'est en traversant le manque que l'abondance devient vécue et non plus seulement conceptuelle. C'est en traversant la séparation que l'unité retrouvée a une saveur.
La souffrance vécue à travers ces différentes émotions de séparation n’est donc pas le prix à payer pour l’expérience, elle en est l'intensité, la texture qui rend le retour possible et sensible, et non pas abstrait.
L'incarnation comme chemin de mémoire
Le but n'est pas de guérir, c'est de se souvenir.
Or on ne peut se souvenir que de ce que l'on a d'abord oublié. L'oubli n'est donc pas un accident du système, ni une punition, c’est la condition même qui rend le souvenir vivant, incarné, et non pas simplement su.
Carl Gustav Jung parlait d'un processus qu'il nommait individuation : le chemin par lequel une personne intègre progressivement les parts d'elle-même qu'elle avait reléguées dans l'ombre, pour devenir un tout plus conscient. L'incarnation terrestre pourrait se lire comme la scène la plus vaste de ce processus : la Conscience universelle se fragmente en une multitude de vies pour, à travers chacune d'elles, se ré-intégrer un peu plus.
Ni victime, ni hasard : créateur d'expérience
Eckhart Tolle insiste sur un point essentiel : tant que nous nous vivons comme les victimes des circonstances, nous restons prisonniers du personnage.
Le retournement proposé n'est pas de nier la difficulté, mais de reconnaître que nous sommes, à un niveau plus profond, la Conscience qui crée son expérience, non pas au sens où « tout ce qui arrive serait mérité », mais au sens où chaque situation devient une matière à travers laquelle quelque chose en nous peut se révéler, se dépasser, se souvenir.
Le Tao : un flux à épouser plutôt qu'un problème à résoudre
Lao Tseu offre une autre clé, plus douce : celle du Wu Wei, l'action juste sans forçage. Si l'incarnation a un but, ce n'est peut-être pas d'accomplir un programme précis, mais de laisser le Tao, le flux naturel de la vie, se déployer à travers nous, sans la résistance constante de l'ego qui veut contrôler, prouver, obtenir.
Le but ne serait alors pas ailleurs, dans un futur meilleur, mais dans la qualité de présence avec laquelle nous traversons chaque instant.
Alors, quel est ce but fondamental ?
Peut-être n'y a-t-il pas de « but » au sens d'une tâche à cocher, ce qui serait, en soi, une pression de plus imposée à l'ego. Il y aurait plutôt une direction : que la Conscience s'incarne toujours plus pleinement là où elle semblait s'être oubliée. Que la lumière se reconnaisse jusque dans les recoins qui la croyaient absente.
Vous n'êtes peut-être pas venu ici pour réussir votre vie selon des critères extérieurs. Vous êtes peut-être venu être le lieu unique où l'Univers se rencontre lui-même, une fois, sous cette forme précise, avec ce visage précis, qui n'existera qu'une seule fois dans toute l'histoire du vivant.
Dans le prochain article, nous entrerons plus profondément dans le mécanisme de cet « oubli » : comment se forme la croyance en la séparation, et pourquoi elle est si difficile à percer mais jamais impossible.



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