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3 - La croyance de l'oubli et de la séparation

27 juil.
4 min de lecture

Dernière mise à jour : 16 août

Article 3/5 — Série « Retrouver sa voie, retrouver sa vérité »

Si nous sommes, en essence, cette Énergie de Vie Créatrice dont nous avons parlé, comment expliquer que la plupart d'entre nous vivent, au quotidien, comme des êtres limités, séparés, souvent seuls face à leurs difficultés ? C'est ici qu'intervient ce que l'on peut appeler la croyance fondatrice de la séparation, le voile premier, celui dont tous les autres découlent.


Close-up view of a serene nature path surrounded by trees

Comment naît le sentiment de séparation

Un nourrisson, dans ses tout premiers mois, ne fait pas de différence nette entre lui et le monde. Puis, progressivement, se construit un « je » : un nom, un corps perçu comme limite, une histoire familiale, des expériences de manque ou de blessure qui viennent, peu à peu, sculpter une identité. Ce processus est nécessaire à la vie humaine, il permet d'agir, de se situer, de grandir.

Mais il installe, presque inévitablement, une croyance de fond : « Je suis ce corps, cette histoire, ces limites et je suis séparé du reste. » Cette croyance n'est pas mensongère par méchanceté du système ; elle est simplement une couche parmi d'autres, prise à tort pour la totalité de ce que nous sommes.


Les accords qui verrouillent la croyance

Don Miguel Ruiz, dans Les Quatre Accords Toltèques, montre comment, enfants, nous « signons » des accords implicites avec notre environnement, souvent au moment d'un choc, d'une humiliation, d'un rejet ou d'une injustice ressentie. 

Un enfant qui reçoit une remarque blessante sur sa sensibilité peut ainsi signer, en une fraction de seconde, un accord silencieux : « Je ne dois plus montrer ce que je ressens. » Cet accord continue ensuite de tourner, des décennies durant, comme un programme en arrière-plan, jusqu’à ce qu'il soit reconnu et révisé consciemment. 

Carl Jung parlait, de son côté, de la Persona, le masque social que nous construisons pour être acceptés et de l’Ombre, tout ce que nous avons refoulé parce que jugé inacceptable par notre entourage ou notre culture. La croyance en la séparation se nourrit précisément de cet écart entre ce que nous montrons et ce que nous sommes réellement, un écart qui, non reconnu, engendre un sentiment diffus de ne pas être « chez soi », « à sa place », « la personne que nous souhaiterions être »,  même dans sa propre vie.


Le corps de souffrance

Eckhart Tolle ajoute une pièce importante : les émotions douloureuses non digérées ne disparaissent pas, elles s'accumulent en une sorte de mémoire énergétique qu'il nomme le corps de souffrance. 

Ce corps de souffrance se réactive régulièrement, parfois pour des raisons apparemment mineures, et vient renforcer la croyance de séparation : « La vie est bien dure, je suis bien seul(e) face à cela. » Reconnaître ce mécanisme, sans se juger, est déjà un premier acte de désidentification.

Les schémas répétitifs : le langage de la croyance enkystée

C'est ainsi que se forment les grands schémas que l'on retrouve, avec une remarquable régularité, chez la plupart des êtres humains : abandon, rejet, trahison, injustice, humiliation. 

Chacun de ces schémas est la signature d'une croyance particulière sur soi et sur le monde, née à un moment précis, souvent dans l'enfance, parfois plus loin encore dans l'histoire familiale ou transgénérationnelle.

Ces schémas ne sont pas des fatalités inscrites dans le marbre. Ce sont des filtres appris, et tout ce qui a été appris peut, avec de la conscience, être désappris ou du moins reconnu pour ce qu'il est : une interprétation, non une vérité absolue.


Questionner la croyance plutôt que la combattre

Byron Katie propose une voie d'une grande simplicité pour désamorcer ces croyances : les questionner directement. Est-ce vrai ? Puis-je absolument savoir que c'est vrai ? Comment est-ce que je réagis quand je crois cette pensée ? Qui serais-je sans elle ? 

Ce travail, qu'elle nomme The Work, ne cherche pas à effacer la croyance par la force, mais à l'éclairer suffisamment pour qu'elle perde, d'elle-même, son emprise. 

Et comment l’éclairer ? En remettant en circulation dans nos pensées et dans notre programme de base la vérité de ce que nous sommes : cette énergie fondamentale de vie, rien d’autre.


La séparation : une illusion fonctionnelle, pas une punition

Nisargadatta Maharshi rappelait que le sentiment d'être un individu séparé est nécessaire à un certain stade de la vie, mais qu'il devient, à un moment donné, un vêtement trop petit pour ce que nous sommes réellement. 

La séparation n'est pas une erreur du système, ni une trahison de la Source : c'est une étape. Une étape que l'on peut traverser sans se juger d'y être passé, et sans y rester enfermé une fois qu'elle a rempli son rôle. Nous avons absolument tous le droit de dire adieu à notre passé, à des croyances qui ne sont pas les nôtres et d’emprunter, chaque jour, un nouveau chemin plus aligné et plus juste. 


Ce que cela signifie pour vous

Chaque schéma répétitif, chaque croyance enkystée que nous portons, peut être regardé non comme une preuve que « quelque chose ne va pas chez nous », mais comme la trace d'un moment précis où le voile s'est un peu plus épaissi et donc comme une porte vers ce qu'il recouvre. 

Sous chaque peur d'abandon dort une capacité d'amour inconditionnel. Sous chaque colère née d'une injustice dort une puissance créatrice qui n'a jamais cessé d'être là. Nous avons juste besoin de nous rappeler de ce qui est déjà en nous, en dessous des voiles et des programmes.


Dans le prochain article, nous verrons concrètement comment amorcer le chemin de retour vers cette unité, quelles portes ouvrir, quels gestes poser, quelles pratiques ont fait leurs preuves à travers les âges.

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